Haut-Lomami : un chargé de mission du gouverneur accusé d'avoir ordonné le passage à tabac de trois citoyens
Haut-Lomami : Benjamin Ntende Mwenze, chargé de mission du gouverneur, est poursuivi pour avoir présumément ordonné des violences contre trois citoyens. Une affaire qui soulève des interrogations sur l'État de droit et l'action de la justice en RDC.

Kamina, RDC – Une affaire présumée de violences impliquant des éléments des forces de sécurité secoue la province du Haut-Lomami depuis le 24 juin 2026. Benjamin Ntende Mwenze, chargé de mission du gouverneur provincial de Haut-Lomani, fait l'objet de poursuites après avoir été accusé d'avoir ordonné à sept militaires et trois policiers de s'en prendre physiquement à trois citoyens congolais.
Selon les informations rapportées, les victimes sont Joseph Nkulu Mutobi, chargé de mission du vice-gouverneur du Haut-Lomami, Jonathan Lunda Malick Wa Mpanga, directeur provincial du Péage du Haut-Lomami, et Paulin Maloba Lubede, assistant du directeur général de l'ISTM Kamina.
Les trois hommes auraient été violemment agressés par les éléments de sécurité, sans mandat judiciaire ni motif légal apparent. Les faits remontent au 9 juin 2026. Joseph Nkulu Mutobi accompagnait le directeur provincial des péages du Haut-Lomami, Jonathan Lunda Malick Wa Mpanga, lorsqu'ils ont rencontré Paulin Maloba Lubede, assistant principal du directeur général de l'ISTM Kamina. Ce dernier leur aurait demandé de pouvoir effectuer le trajet retour avec eux vers Kamina, ce qu'ils auraient accepté.
Le déplacement avait notamment pour objectif d'attendre un chargement de braises destiné à la cuisson de brique. Alors qu'ils patientaient à Lueji, un agent affecté au péage aurait informé sa hiérarchie de leur présence.
D'après la victime, cette information serait ensuite remontée jusqu'au gouverneur de province, qui aurait dépêché une équipe conduite par Benjamin Ntende Mwenze, chargé de mission du gouverneur.
La victime raconte que, ne se doutant de rien, les trois hommes passaient le temps en suivant le match de la RDC contre le Danemark. Plus tard dans la soirée, ils auraient reçu un appel des transporteurs des braises les informant d'une prétendue crevaison, ce qui les aurait conduits à envisager leur retour.
Toujours selon Joseph Nkulu Mutobi, un agent leur aurait alors signifié qu'ils ne pouvaient plus poursuivre leur voyage de nuit. Il affirme avoir compris par la suite que certains les soupçonnaient, à tort selon lui, d'avoir quitté Kamina pour détourner les recettes du péage avant de prendre la fuite. « Nous ne savions absolument pas ce qui se préparait. Nous étions loin d'imaginer que nous allions être pris pour cible sur la base de telles accusations », soutient Joseph Nkulu Mutobi.
D'après plusieurs sources, Benjamin Ntende Mwenze aurait personnellement donné l'ordre aux militaires et policiers d'intervenir contre les trois victimes. Cette affaire a rapidement attiré l'attention de plusieurs observateurs qui réclament que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de cette intervention.
Interrogé sur les répercussions de cette agression présumée, Joseph Nkulu Mutobi affirme avoir subi d'importants préjudices physiques et psychologiques. « Cette affaire a eu de nombreuses conséquences sur ma santé mentale et physique, au point de m'obliger à être interné à l'hôpital pour recevoir des soins. J'attends de la justice qu'elle fasse son travail et que les chefs de l'auditorat chargés du dossier fassent preuve de transparence », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, des accusations font état de tentatives présumées d'étouffement de l'affaire au sein du gouvernorat du Haut-Lomami afin d'empêcher sa médiatisation. Ces allégations n'ont toutefois pas été officiellement confirmées par les autorités provinciales, qui ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ce dossier.
Cette situation relance le débat sur la responsabilité des autorités publiques dans le respect de l'État de droit et sur la nécessité de garantir l'indépendance de la justice face aux dossiers impliquant des responsables administratifs.
À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n'a été rendue. Les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d'innocence jusqu'à l'issue de la procédure.
Les regards restent désormais tournés vers les autorités judiciaires, dont les conclusions seront déterminantes pour établir les responsabilités et rassurer l'opinion publique sur le traitement impartial de cette affaire
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