RDC : LE CSAC INTERDIT AUX MÉDIAS DE DONNER LA PAROLE AUX RESPONSABLES DU FRN ET MET EN GARDE LES CRÉATEURS DE CONTENUS
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication interdit aux médias d'offrir une tribune aux responsables du FRN et aux structures armées qui lui sont liées. La mesure vise également les créateurs de contenus numériques et les influenceurs.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) durcit ses recommandations à l'égard des médias congolais dans un contexte marqué par les tensions politiques et sécuritaires autour du Front pour la refondation de la nation (FRN). Dans un document daté du 19 octobre 2026, l'autorité de régulation demande aux professionnels des médias de ne plus accorder d'espace d'expression aux dirigeants, porte-parole et membres de ce mouvement politico-militaire, ainsi qu'aux structures armées qui lui sont associées. La recommandation concerne aussi bien les médias audiovisuels traditionnels que les plateformes numériques. Les interviews et interventions en direct visées Le CSAC demande aux responsables des médias, journalistes, présentateurs et animateurs de s'abstenir d'inviter les représentants du FRN dans leurs émissions. L'interdiction mentionnée dans le document couvre notamment les interviews, les interventions en direct, les échanges téléphoniques et les émissions ouvertes aux auditeurs ou téléspectateurs. L'autorité de régulation entend ainsi empêcher que les espaces médiatiques soient utilisés pour promouvoir les activités des mouvements armés concernés. Cette mesure intervient après l'annonce, le 12 octobre à Goma, du FRN, une organisation politico-militaire présentée comme étant dirigée par l'ancien président Joseph Kabila. Le CSAC met également en garde contre la propagande Au-delà des interventions des responsables du FRN, le document vise la diffusion de contenus présentés comme faisant la promotion des mouvements armés. Le CSAC demande notamment aux acteurs de la communication de ne pas diffuser de messages, déclarations, productions audiovisuelles ou autres supports destinés à valoriser les actions des mouvements qualifiés de terroristes dans la recommandation. L'institution proscrit également les contenus qui glorifient ou justifient les violences, les activités de rébellion et les atteintes à l'intégrité territoriale. Sont aussi visées les publications susceptibles d'encourager le recrutement, la mobilisation ou le soutien à ces mouvements. Les partis politiques interdits également concernés La recommandation comporte une autre disposition importante : les médias sont appelés à ne pas accorder la parole ou un espace d'expression aux représentants des partis politiques interdits en République démocratique du Congo. Cette mesure intervient quelques jours après la diffusion d'une instruction du ministère de l'Intérieur relative à l'interdiction des activités du PPRD et de douze autres formations politiques. Le CSAC ne fournit toutefois pas, dans le document transmis, une liste nominative des partis concernés par cette disposition. Les créateurs de contenus et influenceurs aussi visés Le CSAC précise que sa recommandation ne concerne pas uniquement les chaînes de télévision et les stations de radio. Les créateurs de contenus numériques, influenceurs, chroniqueurs, analystes, consultants et invités des émissions figurent également parmi les acteurs auxquels elle s'adresse. L'institution indique que les dispositions s'appliquent à l'ensemble des espaces de diffusion audiovisuelle et numérique, indépendamment du support utilisé, du statut professionnel ou de la taille de l'audience. Tout manquement constaté pourrait exposer son auteur aux sanctions prévues par les textes légaux et réglementaires en vigueur. Une décision qui relance le débat sur la liberté de la presse Dans sa recommandation, le CSAC invoque notamment les dispositions constitutionnelles relatives aux libertés d'expression et de la presse, ainsi que les textes encadrant les activités médiatiques en RDC. L'institution affirme vouloir lutter contre l'apologie de la guerre, les discours incitant à la violence et les contenus susceptibles de menacer l'ordre public. Mais l'application de ces restrictions pose également une question importante pour les rédactions : comment couvrir l'actualité des mouvements armés et les controverses politiques sans transformer l'information en propagande ? Informer sur les activités d'un mouvement ne signifie pas nécessairement soutenir ses actions. Cette distinction reste essentielle dans le travail journalistique, particulièrement lorsqu'il s'agit de rapporter des faits d'intérêt public. La recommandation ne détaille pas précisément la manière dont cette distinction sera appréciée dans chaque situation, ni les critères permettant de différencier une couverture journalistique factuelle d'un contenu de propagande. Pour les médias congolais, l'enjeu sera donc de respecter les obligations légales tout en préservant la vérification des faits, l'indépendance éditoriale et le droit du public à une information fiable. La recommandation, signée par le président du CSAC, Christian Bosembe Lokando, et le rapporteur Kabamba Kasongo, indique qu'elle prend effet à compter de sa publication. Source : Recommandation du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), datée du 19 octobre 2026, relative à l'interdiction de l'apologie de la guerre à travers les médias en RDC.
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Rédaction Mboka Média
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