RDC : la campagne « Oui, je le veux » de Grâce Kutino suscite une vive controverse
La campagne « Oui, je le veux », lancée par la ministre de la Jeunesse Grâce Kutino pour sensibiliser en faveur du changement de la Constitution, suscite un débat animé en RDC. Entre mobilisation de la jeunesse, critiques de l’opposition et interrogations sur la portée politique de l’initiative, cette campagne divise l’opinion.

Kinshasa, 8 août 2026 - La campagne de sensibilisation en faveur du changement de la Constitution, baptisée « Oui, je le veux », lancée depuis 5 jours par la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Emie Kutino, ne laisse pas indifférent. Présentée comme une mobilisation de la jeunesse congolaise autour de la nécessité d’adapter la Loi fondamentale aux réalités actuelles du pays, l’initiative provoque également de nombreuses réactions critiques.
La ministre a récemment appelé les jeunes à se mobiliser autour de cette campagne et annoncé une marche citoyenne prévue le 12 août. Selon elle, le « Oui » défendu par la campagne traduit la volonté d’une partie de la jeunesse congolaise de voir évoluer la Constitution. « Ce "Oui" n'est pas un slogan vide », a-t-elle notamment déclaré, estimant qu’une Constitution doit pouvoir évoluer pour répondre aux réalités de son époque.
Pour ses détracteurs, une campagne portée par une ministre en exercice ne peut pas être considérée comme une simple initiative citoyenne indépendante. Le fait qu’elle soit soutenue par le gouvernement nourrit ainsi les interrogations sur la frontière entre mobilisation citoyenne et communication politique en faveur du projet de réforme constitutionnelle.
La question est d’autant plus sensible que le débat sur la modification de la Constitution divise profondément la classe politique et la société congolaise. Alors que les partisans du changement défendent l’idée d’un texte à adapter aux nouvelles réalités nationales, ses opposants redoutent que cette démarche puisse servir d’autres objectifs politiques.
La polémique s’est également déplacée sur les réseaux sociaux, où le slogan « Oui, je le veux » fait face à des messages contestant ouvertement la démarche.
Des voix opposées à la campagne ont notamment lancé des contre-messages autour du refus du changement constitutionnel. Cette confrontation entre les deux camps illustre la polarisation croissante du débat. Radio Okapi relevait déjà cette opposition entre le « Oui, je le veux » défendu par la campagne et le « Non, je refuse » porté par ses détracteurs.
Des jeunes de Kinshasa ont également interpellé publiquement Grâce Kutino sur la question, relançant le débat sur le niveau réel d’adhésion de la jeunesse kinoise au projet de réforme constitutionnelle.
L’un des principaux points de controverse concerne justement l’affirmation selon laquelle la jeunesse congolaise serait favorable au changement de la Constitution.
Si la campagne entend porter la voix d’une partie de la jeunesse, ses opposants contestent l’idée qu’une initiative organisée et soutenue par le pouvoir puisse automatiquement être présentée comme l’expression de l’ensemble des jeunes Congolais.
Pour ses promoteurs, la mobilisation vise à donner aux jeunes une place centrale dans un débat qui concerne directement l’avenir institutionnel du pays. Pour ses détracteurs, il faudrait au contraire distinguer clairement une mobilisation politique favorable au changement constitutionnel d’une expression spontanée et représentative de l’ensemble de la jeunesse.
La controverse pourrait prendre une nouvelle dimension avec la marche citoyenne annoncée pour le 12 août. Grâce Kutino assure que cette mobilisation doit se dérouler dans un esprit pacifique et responsable.
Cette échéance sera particulièrement observée, car elle pourrait permettre de mesurer la capacité réelle de la campagne à mobiliser les jeunes autour du « Oui ».
Au-delà de la mobilisation attendue, la question demeure celle du fond du débat : quels changements sont précisément envisagés dans la Constitution et quelles seraient leurs conséquences sur les institutions congolaises ?
Pour ses promoteurs, le débat doit être ouvert et permettre aux Congolais de se prononcer sur l’évolution du texte fondamental. Pour ses opposants, la priorité est plutôt de préserver les équilibres constitutionnels existants et d’éviter qu'une réforme ne soit utilisée à des fins politiques.
Avec « Oui, je le veux », le débat constitutionnel sort désormais des cercles politiques et institutionnels pour investir davantage l’espace public, particulièrement celui de la jeunesse et des réseaux sociaux.
La campagne de Grâce Kutino apparaît ainsi comme un nouvel épisode d’un débat qui risque de s’intensifier dans les prochaines semaines. Entre mobilisation en faveur du changement, contestation et interrogations sur l’indépendance de la démarche, une chose est certaine : le slogan « Oui, je le veux » est désormais au cœur d’une nouvelle bataille d’opinion autour de l’avenir constitutionnel de la RDC.
Vous avez un produit ou un service a faire connaitre ?
Publiez une demande annonceur, choisissez votre pack et laissez l'equipe Mboka Media vous proposer une mise en avant sobre, credible et orientee conversion.



