RDC : Fils Mukoko évoque la distribution d’armes dans les églises et les universités, Patrick Muyaya condamne
Le gouvernement congolais condamne les propos de Fils Mukoko sur une possible distribution d’armes dans des lieux publics. Patrick Muyaya affirme que ces déclarations n’engagent aucune institution, tandis que le CSAC annonce des mesures à l’encontre du cadre de l’UDPS.

Une déclaration attribuée à Fils Mukoko, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), suscite une vive polémique en République démocratique du Congo. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, a fermement condamné ces propos et annoncé la saisine des services compétents.
La controverse prend de l’ampleur à Kinshasa. Fils Mukoko, directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa et cadre de l’UDPS, a évoqué, dans une intervention diffusée sur les réseaux sociaux, la possibilité de distribuer des armes dans plusieurs lieux publics, notamment les terrains de football, les églises et les universités.
« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par la presse congolaise.
Présentée comme une forme de mobilisation contre les ennemis de la paix et les groupes rebelles, cette déclaration suscite des inquiétudes en raison des risques que représenterait la circulation des armes dans des espaces fréquentés par des civils.
Fils Mukoko a également tenu des propos visant les ressortissants occidentaux présents à Kinshasa, affirmant que ceux-ci auraient des difficultés à quitter la capitale. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques entre la RDC et la Belgique.
La réaction du gouvernement ne s’est pas fait attendre. Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a condamné avec fermeté les déclarations du cadre de l’UDPS, tout en précisant qu’elles ne reflétaient pas la position officielle des institutions de la République.
« Nous condamnons de la manière la plus ferme les propos tenus par Fils Mukoko. Ils sont d’une horreur absolue et n’engagent nullement le Gouvernement ni aucune autre institution », a déclaré Patrick Muyaya.
Le gouvernement entend ainsi prendre ses distances avec des propos susceptibles d’être interprétés comme un appel à la violence et de susciter des inquiétudes auprès de la population comme des partenaires étrangers.
Patrick Muyaya a également indiqué que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), l’Hôtel de ville de Kinshasa ainsi que d’autres services compétents avaient été saisis afin de tirer les conséquences de ces déclarations.
Le porte-parole du gouvernement a, en outre, assuré que les autorités ne toléreraient aucune forme d’appel à la violence ni les discours stigmatisant les partenaires occidentaux de la RDC. Il a affirmé que des dispositions avaient été prises pour garantir la sécurité des missions diplomatiques, de leur personnel et de leurs installations.
Sur le plan institutionnel, le bureau du CSAC a décidé d’imposer à Fils Mukoko un embargo médiatique de 88 jours et l’a invité à se présenter devant l’organe de régulation pour une audition, selon les informations publiées par la presse congolaise.
Cette décision intervient alors que les déclarations du responsable politique suscitent des interrogations sur la responsabilité des personnalités publiques dans un contexte sécuritaire et diplomatique sensible.
Au-delà de la polémique, l’affaire soulève une question fondamentale : jusqu’où peut aller la rhétorique politique lorsqu’elle touche à la sécurité des citoyens et aux relations avec les partenaires étrangers ?
Dans un pays confronté à une crise sécuritaire persistante dans sa partie orientale, les appels à l’armement de la population ne peuvent être traités comme de simples déclarations politiques. Les lieux de culte et les établissements d’enseignement sont avant tout des espaces de prière, d’apprentissage et de rassemblement civil.
À ce stade, aucune confirmation officielle ne permet de conclure à l’existence d’un programme gouvernemental de distribution d’armes dans ces lieux. La condamnation de Patrick Muyaya marque, au contraire, une prise de distance explicite du gouvernement avec les propos de Fils Mukoko.
L’évolution de cette affaire dépendra désormais des suites données par les institutions compétentes et des éventuelles responsabilités établies dans le respect des procédures légales.
Auteur
Glody fala
Rédacteur en chef
La rédaction de Mboka Media couvre l’actualité de la RDC, de l’Afrique et de ses diasporas.
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