Kinshasa : à Funa, les coupures d'électricité de la SNEL mettent la population à rude épreuve
Une panne au poste haute tension de Funa a plongé plusieurs communes de Kinshasa dans le noir, ravivant la colère des habitants face à des coupures devenues chroniques. La SNEL invoque l'étiage et des travaux techniques, mais des voix citoyennes, comme celles des femmes de Kintambo, pointent une vétusté structurelle des infrastructures et des conséquences bien réelles sur la vie économique et la sécurité des quartiers.

Kinshasa, RDC — Dans le district de la Funa, les coupures répétées d'électricité continuent d'éprouver le quotidien des habitants, mettant une fois de plus en lumière les fragilités de la Société nationale d'électricité (SNEL).
Une panne qui plonge le quartier dans le noir
Le poste haute tension de Funa, d'une capacité de 220/20 kV, a récemment connu un incident technique majeur qui a coupé l'alimentation en énergie de plusieurs communes environnantes. Les équipes techniques de la SNEL ont dû être déployées sur place après cet incident qui a perturbé l'alimentation en énergie dans plusieurs communes.
Selon les premiers éléments communiqués, la défaillance provenait d'un défaut interne sur un transformateur auxiliaire de 250 kVA, un équipement que les techniciens surnomment familièrement le « biberon ». Ce dispositif, en apparence secondaire, joue pourtant un rôle clé dans le système de protection et l'alimentation des circuits de contrôle du transformateur principal — sa défaillance suffit donc à priver tout un quartier de courant.
Face à la colère grandissante des abonnés, la société publique a tenté de rassurer, expliquant que la situation était sous contrôle et que les techniciens resteraient mobilisés jour et nuit jusqu'au rétablissement complet.
L'étiage, une explication qui ne convainc pas tout le monde
Interrogée par la presse sur la récurrence de ces coupures, la SNEL a mis en avant un facteur naturel : l'étiage, c'est-à-dire la baisse saisonnière du niveau des cours d'eau. Le directeur du Département de distribution de Kinshasa a résumé la situation en des termes sans détour :
> « La SNEL produit de l'électricité, elle ne produit pas d'eau. »
Il rappelait ainsi que la capitale dépend en partie de la rivière Inkisi, dans le Kongo Central. Si l'explication a le mérite de la transparence, elle n'épuise pas le sujet. Car les coupures ne se limitent pas à Funa ni à une seule saison : des perturbations similaires ont été signalées dans d'autres communes comme la Gombe, Barumbu ou Limete, cette fois liées à des travaux d'entretien sur d'autres sous-stations.
Un problème structurel, au-delà des incidents ponctuels
Derrière les explications techniques et saisonnières, un constat plus dur émerge : les infrastructures de la SNEL sont anciennes et mal entretenues. À cela s'ajoutent des causes plus profondes, notamment la surcharge et l'insuffisance de la capacité de production, qui expliquent en partie la multiplication des délestages dans plusieurs quartiers de la capitale.
Les conséquences ne sont pas seulement domestiques. À Kintambo, une commune également touchée par ces irrégularités, des habitantes regroupées au sein de la Fondation « Panier de la Femme » ont tiré la sonnette d'alarme en déposant un mémorandum auprès des autorités communales. Pour ces femmes, l'enjeu dépasse le simple confort : le manque d'électricité ne paralyse pas seulement les activités économiques domestiques, il aggrave également le climat sécuritaire de leurs quartiers, la nuit tombée sans lumière publique ni domestique devenant propice à l'insécurité.
Ce qui frappe dans ce dossier, c'est le contraste entre le discours institutionnel de la SNEL qui évoque des contraintes techniques et climatiques hors de son contrôle et le vécu quotidien des Kinois, pour qui ces coupures ne sont plus des incidents isolés mais une réalité chronique.
À Funa comme ailleurs dans la capitale, la question n'est plus seulement de savoir pourquoi le courant coupe, mais combien de temps encore la population devra composer avec un service public dont la fiabilité continue de s'éroder.

Auteur
Glody fala
Journaliste
La rédaction de Mboka Media couvre l’actualité de la RDC, de l’Afrique et de ses diasporas.
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