CORRIDOR DE LOBITO : LA RDC VEUT TRANSFORMER LA ROUTE DES MINERAIS EN MOTEUR D’INDUSTRIALISATION
À New York, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a défendu une nouvelle ambition pour le Corridor de Lobito : ne plus seulement transporter les minerais congolais, mais développer autour du rail des industries, des investissements et des emplois.

La République démocratique du Congo veut faire du Corridor de Lobito davantage qu’un axe logistique permettant d’acheminer ses ressources minières vers l’Atlantique. À New York, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a défendu une approche centrée sur l’industrialisation et la création de valeur à l’intérieur du pays.
Le ministre intervenait jeudi 24 septembre au forum « Financing Africa’s Future », organisé par Invest Africa en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies. Les discussions étaient consacrées au financement des corridors stratégiques africains, avec une attention particulière portée au projet de Lobito.
Aux côtés de représentants de l’Africa Finance Corporation (AFC), de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) et de TechMet, Louis Watum Kabamba a expliqué que l’amélioration des infrastructures ferroviaires devait s’accompagner d’investissements productifs le long du corridor.
« Pour la RDC, le chemin de fer est l’épine dorsale, mais l’industrialisation est l’objectif », a-t-il résumé.
Cette stratégie vise notamment à utiliser les nouvelles infrastructures pour faciliter l’exploration et le développement de projets miniers, tout en encourageant la transformation locale du cuivre, du cobalt et d’autres ressources avant leur exportation.
L’ambition présentée à New York s’étend également aux activités qui gravitent autour de l’industrie minière : fabrication d’équipements, ingénierie, maintenance, énergie, services, sous-traitance et développement des PME congolaises. L’agriculture pourrait elle aussi bénéficier de meilleures connexions logistiques pour accéder plus facilement aux marchés.
Dans cette architecture, la liaison ferroviaire Dilolo–Sakania, longue de plus de 1 000 kilomètres, occupe une place stratégique. Elle doit améliorer la connexion des zones minières du Lualaba et du Haut-Katanga avec le réseau conduisant au port angolais de Lobito.
Pour le ministre des Mines, la valeur du corridor repose ainsi sur la combinaison de plusieurs éléments : ressources naturelles, infrastructures, énergie, capitaux et accès aux marchés. L’objectif est de créer un environnement capable d’attirer les investissements tout en développant davantage d’activités économiques sur le territoire congolais.
Le financement reste toutefois l’une des principales conditions de concrétisation de cette ambition. Louis Watum Kabamba a plaidé pour une répartition des efforts entre les États, les institutions de financement du développement, les investisseurs privés et les partenaires internationaux.
Pour Kinshasa, le défi sera donc de faire du Corridor de Lobito une chaîne économique régionale, plutôt qu’une simple voie d’exportation des matières premières : transporter les minerais, mais surtout développer autour de cette infrastructure des industries, des entreprises et des emplois en RDC.
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Rédaction Mboka Média
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