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Affaire Lionel Mpasi : la RDC doit-elle craindre pour son Mondial ? Ce que l’on sait vraiment

Des documents révélés par Le Monde et le New York Times relancent la controverse autour de l’éligibilité de Lionel Mpasi, gardien des Léopards, qui aurait disputé plusieurs rencontres alors que son changement d’association France-RDC n’était pas entièrement finalisé. La FIFA affirme toutefois qu’aucun problème d’éligibilité ne concernait les matchs contre la Jamaïque et la Coupe du monde 2026. La RDC n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune décision publique annulant sa qualification.

Affaire Lionel Mpasi : la RDC doit-elle craindre pour son Mondial ? Ce que l’on sait vraiment

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Une nouvelle polémique secoue le football international. Selon des documents consultés par Le Monde et révélés après une enquête du New York Times, la FIFA aurait identifié, avant la Coupe du monde 2026, un problème concernant l’éligibilité internationale du gardien congolais Lionel Mpasi. Malgré ces interrogations, le portier a continué à jouer avec les Léopards, jusqu’à devenir l’un des héros de leur parcours historique au Mondial.

Depuis la révélation de cette affaire, les réseaux sociaux s’emballent et certains commentaires annoncent déjà une possible remise en cause de la qualification de la République démocratique du Congo.

À ce stade, il faut pourtant distinguer ce que les documents internes rapportent, ce que la FIFA affirme officiellement et ce qui relève encore de l’interprétation.

Que reproche-t-on exactement à Lionel Mpasi ?

Lionel Mpasi est né en France et a porté le maillot des sélections françaises dans les catégories de jeunes. Il a notamment participé à la Coupe du monde U17 en 2011.

Lorsqu’il choisit ensuite de représenter la République démocratique du Congo au niveau senior, les démarches nécessaires pour son changement d’association auraient été engagées par la FECOFA en 2021.

C’est précisément cette procédure qui se retrouve aujourd’hui au cœur de la controverse.

Selon les documents internes rapportés par Le Monde, les juristes de la FIFA auraient constaté, en mars 2026, que la procédure de changement d’association de Mpasi n’avait pas été finalisée. Ils estimaient ainsi que le gardien avait pu être aligné lors de plusieurs rencontres des qualifications africaines alors qu’il ne disposait pas, selon leur analyse, de l'autorisation nécessaire.

Le problème ne concerne donc pas une supposée « fraude » de Lionel Mpasi. Il porte avant tout sur la procédure administrative permettant à un joueur ayant représenté une sélection de jeunes de changer d’association sportive.

La nuance est essentielle.

Une plainte nigériane au cœur de l'affaire

L’affaire prend une autre dimension lorsqu’elle est replacée dans la chronologie des qualifications.

Après sa défaite contre la RDC en novembre 2025, la Fédération nigériane de football avait saisi la FIFA concernant l’éligibilité de plusieurs joueurs congolais.

Selon les informations révélées par Le Monde, les services juridiques de la FIFA se sont ensuite penchés plus précisément sur la situation de Lionel Mpasi. Ils auraient identifié un problème relatif à son changement d’association avant même le barrage intercontinental contre la Jamaïque.

Les juristes auraient alors envisagé plusieurs scénarios, dont l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre la FECOFA et le joueur. Ils auraient également évoqué des sanctions sportives pouvant avoir des conséquences sur les qualifications africaines.

Mais aucune de ces sanctions n'a finalement été appliquée.

La FIFA a au contraire permis à la RDC de disputer son barrage contre la Jamaïque, remporté 1-0 après prolongation, puis la Coupe du monde 2026.

La FIFA défend aujourd'hui sa décision

C’est l’un des éléments les plus importants de cette affaire.

La FIFA ne reconnaît pas publiquement que la RDC aurait participé au Mondial avec un joueur « illégal ».

Interrogée après les révélations, l’instance internationale affirme qu'il n'existait aucun problème d'éligibilité concernant les matchs de la RDC contre la Jamaïque et lors de la Coupe du monde 2026.

La FIFA précise également que la commission de discipline a examiné la réclamation de la Fédération nigériane et l'a déclarée irrecevable. Selon l'instance, cette décision a été notifiée à la NFF en mars 2026 et est devenue définitive en l'absence d'un recours recevable dans les délais.

Autrement dit, aucune décision officielle actuellement connue ne retire à la RDC sa qualification pour le Mondial 2026.

C'est un point que les nombreuses publications circulant sur les réseaux sociaux tendent à oublier.

Lionel Mpasi, pourtant l'un des visages du Mondial congolais

L'ironie de cette affaire est que Lionel Mpasi n'a pas été un joueur secondaire dans l'aventure congolaise.

Le gardien du Havre a été titulaire durant le parcours mondialiste des Léopards. Il a notamment réalisé une prestation remarquée face à la Colombie avant de s'illustrer encore contre l'Angleterre en seizièmes de finale.

Avec 15 arrêts réalisés pendant le tournoi, Mpasi figurait parmi les gardiens ayant effectué le plus d'arrêts au Mondial 2026.

Face à l'Angleterre, malgré l'élimination congolaise sur le score de 2-1, le portier a longtemps maintenu les Léopards dans la rencontre.

Le paradoxe est donc saisissant : au moment où le monde du football découvrait un gardien congolais performant au plus haut niveau, les coulisses administratives de son changement d'association étaient déjà au centre d'une interrogation à la FIFA.

Faut-il remettre en cause le parcours des Léopards ?

Pour l'heure, il serait prématuré de tirer une telle conclusion.

La FIFA affirme que la RDC n'avait aucun problème d'éligibilité pour son barrage contre la Jamaïque ni pour le Mondial. Cette position officielle doit être mise en regard des révélations du Monde et du New York Times, qui font état de documents internes beaucoup plus critiques sur le dossier Mpasi.

Il existe donc aujourd'hui deux niveaux de lecture.

D'un côté, des documents internes attribués aux services juridiques de la FIFA font état d'un problème concernant la procédure de changement d'association de Lionel Mpasi.

De l'autre, la FIFA maintient que les décisions prises dans le dossier ont été conformes aux procédures et qu'aucun problème d'éligibilité n'existait pour les matchs concernés.

Cette distinction est fondamentale pour comprendre la situation.

La RDC ne doit pas être transformée en coupable par défaut

Pour la République démocratique du Congo, l'affaire est évidemment sensible.

Le pays vient de retrouver la Coupe du monde après 52 ans d'absence. Les Léopards ont franchi les barrages, battu la Jamaïque et atteint les seizièmes de finale au terme d'un parcours qui a suscité une immense ferveur populaire.

Il serait donc dangereux de transformer une controverse administrative en condamnation sportive définitive avant qu'une instance compétente ne rende une décision en ce sens.

La RDC doit défendre ses intérêts, mais elle doit également exiger que toute la lumière soit faite sur le dossier.

Car si une erreur administrative a effectivement été commise dans le traitement du changement d'association de Lionel Mpasi, la question doit d'abord être posée à ceux qui avaient la responsabilité de vérifier, d'autoriser et de contrôler cette procédure.

Le joueur ne peut pas être présenté comme le seul responsable d'une éventuelle défaillance administrative.

Lionel Mpasi avait représenté la France dans les catégories de jeunes. Il a ensuite choisi de porter le maillot de la RDC au niveau senior et est devenu l'un des cadres des Léopards. Son parcours avec la sélection congolaise a été validé et suivi par les instances du football pendant plusieurs années.

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp de la FIFA.

Les révélations publiées cette semaine soulèvent une question légitime : comment les services juridiques de la FIFA ont-ils pu identifier un problème d'éligibilité concernant Lionel Mpasi et, malgré cela, permettre à la RDC de poursuivre son parcours jusqu'au Mondial ?

C'est cette question, plus que les spéculations sur une éventuelle exclusion de la RDC, qui mérite aujourd'hui des réponses.

La FIFA affirme que ses organes juridictionnels sont autonomes et que la plainte nigériane a été rejetée pour des raisons procédurales. Elle rejette également toute intervention de Gianni Infantino dans le dossier.

Mais les documents révélés par Le Monde relancent le débat sur la cohérence des procédures de l'instance mondiale.

Pour la RDC, l'enjeu est désormais double : protéger le parcours historique des Léopards tout en demandant que les responsabilités administratives soient clairement établies.

Une chose, en revanche, doit être évitée : condamner la RDC sur la base d'une rumeur ou d'une lecture partielle du dossier. : À l'heure où cet article est publié, la RDC reste officiellement qualifiée pour la Coupe du monde 2026 et aucune décision publique de la FIFA n'a annulé son parcours mondialiste.

L'affaire Lionel Mpasi est donc ouverte sur le terrain médiatique et institutionnel, mais elle ne constitue pas, à ce stade, une décision de disqualification des Léopards.

Portrait de Glody fala

Auteur

Journaliste

La rédaction de Mboka Media couvre l’actualité de la RDC, de l’Afrique et de ses diasporas.

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